Le temps et les humains

samedi 8 mars 2008.
 

L’homme a considérablement modifié son rapport au temps. Transports, électricité, industries... ce qu’il appelle progrès est en fait tout ce qui lui permet de "gagner du temps."

Mais il va (cours, vole, roule) vers quoi ? Peut on vraiment "gagner du temps ?" Pour être plus rentable c’est ça ? Si c’est ça, Je pense que c’est une forme de folie [1], la soumission a une idéologie technocratique anti-vie. Pourtant une raison valable pourrait être de nous concentrer sur nos seule action voulues ? Et peut-être serions nous content qu’un voyage qui dure 5 heures n’en dure plus que 2 ? Mais si tout le monde met 5 heures, cela n’est pas un problème. On est victime de nos désirs ? d’une impatience ? Pourtant, on peut lire, apprendre ou mieux se reposer, ou observer. Donc "on ne perd jamais son temps". La notion de perte de temps est bien occidentale et maladive.

C’est la lecture il y a quelques annnées, du Papalagui, livre écrit par Touiavii [2], chef des habitant d’une île lointaine au Samoa, qui en observant notre civilisation m’a fait comprendre cela !  [3]

Le Papalagui est le nom que cette ethnie des Samoa donne aux hommes blanc au mode vie occidental.

"Il fait beaucoup d’histoire à cause du temps et dit un quantité de bêtise a son sujet.Bien qu’il n’y ait jamais plus a notre disposition que ce qui vient a nous du lever au coucher du soleil, cela ne lui suffit pas. Le Papalagui est toujours insatisfait."

Les hommes, les femmes et même les enfants qui tiennent a peine sur les jambes, portent une petite machine plate sur laquelle ils peuvent lire le temps. Soit elle est attaché à une grosse chaine métallique, soit elle est serrée autour du poignet avec un bande de cuir.(les montres)

"Quand une tranche de temps est passée, de petits doigts(les aiguilles de l’horloge) le montrent sur la face externe de la machine, et en même temps elle se met a crier(sonner). Quand ce bruit retentit, le Papalagui se plaint :<< Oh ! Là ! Là ! encore un heure de passée ! >> et il fait le plus souvent une triste figure, comme un homme portant un lourd chagrin, alors qu’aussitôt une heure toute fraiche s’approche.

Le dernier article ou je parle de la mathématicité de l’univers et où je donne l’argument que la vie, cyclique n’est pas comme les objets inertes victime du temps.(c’est exprimé en disant que nous avons le choix et que en tant qu’ êtres conscients, nous ne sommes pas obligés de quoi que ce soit, que nous avons le DROIT a la vie, si nous respectons les autres êtres.) Le temps est lié a la vie car la vie (humaine en tout cas) est cyclique plus qu’elle n’est linéaire.

Chaque nuit est comme une petite mort. Le sommeil est un état de conscience particulier où notre perception du temps est bien différente. Le temps du sommeil semble être plus agréable, plus long plus calme. Pourtant on sait si on a bien dormi ou pas, donc "on est" même lorsque l’on dors. Ceci est une aparté védique. [4]

"La vie serait-elle ? une course contre le temps, de notre naissance à notre mort. Tout être vivant a pour but de "grandir, se nourrir et se reproduire" et puis mourir !"
Quelle vision limitatrice ! Pauvre ! Si on vit vraiment, on découvre largement plus que cela ! Si on s’est vraiment connecté a l’énergie de vie on ne peut plus se sentir seul ou se sentir limité. Mais cela demande d’évacuer toutes les notions qu’on nous a mises dans la tête et nos concepts car la réalité est au-delà des concepts. Cela demande une grande humilité, se faire tout petit, calme.
 [5] Si on sent "cela" alors on "sait qu’on fait partie du tout. Et nous même ? Est ce que "nous même" sommes si importants ? Sans le tout nous ne serions pas. Si nous sentons que nous sommes le "tout", pourquoi serions nous tristes au moment ou nous le rejoignons ? Je pense que lorsqu’on a cette réalisation pratique, notre vie est beaucoup plus simple et facile. Les "abbé"rations de notre société deviennent évidentes. [6] Plus sérieusement toutes les agressions que nous faisons aux autres nous voyons alors que nous les faisons en fait a nous même !
Dans l’homme la conscience acquiert l’individualité relative mais la considérer comme absolue est un échec, un "Non" au lois de la nature. Disons qu’on peut le faire, on en a la liberté mais cela a un prix qu’il vaut mieux ne pas avoir a payer. Mais pourquoi alors ? Pour en faire l’expérience pratique. Puisque que notre conscience est évolutive, elle va en faire l’expérience puis se souvenir des leçons, mais d’une façon interne, subtile. Pour progresser il faut que notre force, notre esprit et notre corps soient alignés avec notre idéal(attitude juste). Question :

Dans l’amour, la poésie et la beauté, êtes-vous toujours esclaves du temps ?

[1] comportement irrationnel basé sur des notions fausses mais au niveau d’une société entière. Car au niveau individuel par exemple, la ligne entre le génie et la folie est parfois mince. Un fou isolé a besoin de compassion, tout comme notre société...qui coure et en oublie de respirer. Mais attention au fou sage qui est tout sauf fou (exemple : Tang Nyön Héruka, le " yogi fou de Tsang ", ou certain souffis) mais est là pour nous faire réfléchir ou nous faire prendre conscience de quelque chose. Ne jugeons pas une personne car pour cela il faut la connaitre au niveau le plus élevé et connaitre ses raisons intimes

[2] (ou Eric cela n’a pas beaucoup d’importance)

[3] Le papalagui, petit livre de poche, très humoristique. cf ici.

[4] cf écrits et travaux de Ramana Maharshi pour une discussion plus ample.

[5] Ah zut c’est l’opposé de ce que l’on nous dit, de ce que les voisins font ? Toujours plus, toujours plus vite, toujours plus fort etc... Bah zut alors !Mais il y a aussi des gens calmes et des endroits de paix, donc il y a de la place pour ceux qui s’agitent mais aussi pour ceux qui veulent du calme. Il faut essayer de voir dans quel cas "on se sent le mieux". Agités et fatigués ou calmes et radiants. C’est un choix.

[6] Digression : Les abbérations sont les rations (doses) de dogmes (faite ceci parce que je vous le dit, faites cela parce que vous n’avez pas le choix) "qu’on" a donné aux abbés qui étaient chargés de nous les faire ingurgiter. Mais les abbés n’ont pas tous mangé de ce pain, comme l’abbé Mermet, sourcier et géobiologiste qui était "connecté". Fin de digression.

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